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Instrumentation, Mesure, Métrologie

1631-4670
Revue des Systèmes
 

 ARTICLE VOL 14/3-4 - 2014  - pp.7-8
TITRE
AVANT-PROPOS

RÉSUMÉ

J’ai été confronté, au cours de ma longue activité de recherche à propos des gestes sportifs menée à l’Université de Poitiers dans le secteur des sciences pour l’ingénieur, au problème de la qualité des mesures aussi bien en laboratoire que sur le terrain des pratiques. J’ai connu ainsi, lors des dernières décennies, l’évolution importante des techniques et des outils, mais aussi des capteurs embarqués et miniaturisés et enfin des chaînes de mesure tridimensionnelles devenues indispensables de nos jours pour réaliser des analyses très fines des mouvements humains. Encore aujourd’hui, la métrologie en biomécanique reste un enjeu de premier ordre tant les attentes scientifiques sont importantes. Que l’on intervienne dans le milieu médical, sportif ou industriel, l’accès aux paramètres déterminants de l’évolution au cours du temps du comportement du corps humain est indispensable pour établir des modes opératoires, pour finaliser des protocoles d’entraînement. Pour cela, il a fallu concevoir des appareillages sophistiqués de laboratoire, mais aussi des dispositifs et autres équipements pouvant être utilisés par exemple sur le terrain-même des pratiques sportives. Dans ce contexte, la mesure, que l’on souhaite de qualité, requiert des exigences et nécessite des compétences techniques de la part de l’opérateur. Mais la mesure doit être avant tout au service d’une théorie établie par l’activité scientifique des chercheurs, ici la biomécanique. Je voudrais en rappeler la définition donnée par Le Petit Larousse Illustré : la biomécanique est l’application des lois de la mécanique aux problèmes de biologie, de physiologie et de médecine. Or, les bases de la mécanique newtonienne ne font toujours pas partie de la culture scientifique de tout un chacun ; pourquoi aller expliquer théoriquement comment se déplace notre corps alors que nous savons le faire ? De ce fait, des préconceptions explicatives tenaces, qui ont leur origine dans les sensations à procurer pour réaliser au mieux un geste, sont mises en avant et satisfont notre sens commun. Sans respect de cet effort conceptuel initial, certaines analyses biomécaniques encore en cours relèvent plus d’une mécanique intuitive, d’un raisonnement spontané qui s’affirme car accompagné par une conviction forte, que d’une approche scientifique fondée sur une modélisation validée. Or que voyons-nous apparaître, dans notre environnement quotidien de chercheur mais aussi de joggeur du dimanche ? Sont mis à notre disposition des appareils que l’on dit connectés, donnant accès à des informations plus ou moins correctes car non fondées théoriquement sur notre « force » développée, notre « puissance » produite, notre « vitesse » (instantanée ?) de course, notre détente, voire notre « énergie » dépensée... Le grand public devenu très friand de connaîtr e ses possibilités athlétiques et de les suivre en temps réel adhère avec sérieux aux explications fournies mais malheureusement erronées. Notre système éducatif pluridisciplinaire est encore démuni pour lutter efficacement devant de telles affirmations ; nous pouvons nous en consoler, ce problème est mondial car une maturation longue et fastidieuse est nécessaire pour contrecarrer ces préconceptions moyenâgeuses. A mon humble avis, la situation devient plus inquiétante lorsque les enseignants-chercheurs introduisent ce type d’outils dans leur laboratoire ; de quoi peuvent-ils rendre compte ? Qu’il ne faut pas confondre forces internes et forces externes du système humain considéré impérativement comme poly-articulé ? Les auteurs de ce numéro ont souhaité, en présentant leur expérience de chercheur, apporter un éclairage quant à l’utilisation de tels outils d’investigation pour illustrer certains concepts sous-jacents qui fondent leurs analyses. Aux lecteurs de cet ouvrage d’être suffisamment armés pour en extraire toute la subtilité et se confronter, en amont, aux théories scientifiques supports. Sans cet effort, l’analyse critique des mesures établies ne pourra être menée à bien, et in fine, apportera son lot de désillusions.



AUTEUR(S)
Alain JUNQUA

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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GRATUIT
   
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